Mercredi soir. Robin vient de quitter sur son fier destrier dont la pédale venait d’être revissé depuis peu. Une seconde jeunesse pour son vélo de seconde main. Il part à Rawdon. Avec son vélo, il sera plus indépendant. Moi, je m’enfonce dans le canapé, si tant est qu’on puisse s’y enfoncer. La journée a été longue. Il me reste deux jours et une nuit pour finir mon document préalable. Je n’en suis qu’au deux tiers. Mais là, c’est l’heure de ma pause détente, je m’y remettrai après jusqu’à minuit. J’essaie de ne pas travailler plus tard que minuit pour avoir des semblants de nuits entières. Malheureusement, le stress aidant, je dors mal, je me réveille au milieu de la nuit, j’ai trop chaud, j’ai trop soif, je fais des cauchemar et quand je me réveille, j’ai les yeux en bas des joues. Robin est parti et moi je finis de bosser. Jeudi matin, je reçois un appel de la mère de Robin qui s’inquiète d’avoir reçu un appel à frais viré de Robin, elle me demande où il est. Euh il est à Rawdon, normalement. Bon je la rassure, mais là moi je sais pas vraiment ce que c’est que des appels à frais viré. Je suppose que c’est quand on appelle sans avoir les sous. Dans ma tête ça ne fait qu’un tour: aïe le vélo a pas été accepté, il a loupé l’autobus, mais où est-il. Je préfère juste pas y penser. Ni une, ni deux je téléphone à Françoise. Non ils ont pas eu de nouvelles de Robin. Oui ils me préviennent dès qu’il fait signe de vie. Je veux juste savoir qu’il est arrivé à bon port. Parce que je le connais ce petit lascar, il fait pas attention à lui. Il pourrait être n’importe où. Bon je me mets au travail. Je suis quand même pas trop inquiète, j’ai placé mes écoutes, qui me parleront dès qu’on l’aura repéré. Je peux bosser l’esprit tranquille. Et puis, quand même, c’est un adulte, il sait bien ce qu’il fait. Bref, bref. En débiut d’après-midi, j’ai reçu le courriel de mon directeur de recherche, James, qui me dit que mon document est très bien, que c’est sr la bonne voie. Par contre, il m’apprend (eh oui, au doctorat et pas encore capable de lire les consignes qui se trouvent dans le guide du doctorat) que le document ne doit pas dépasser 4000 mots. Hum, hum. Il en fait proche de 6000, et je n’ai pas attaqué la dernière partie. Bon, je coupe dans le vif. 18h arrive. J’ai commencé la suite, mais mon cerveau est en état de marmelade avancé… Je décide d’aller faire mon tour quotidien à la piscine. Toujours pas de nouvelle de Robin. Je téléphone à Yannick qui me dit qu’il l’a pas vu, mais qu’il est au chalet. Ouf! Bon, puis là on se parle de mon stress qu’il a connu, lui aussi quelques années auparavant. Le doc. le doc. le doc. Quelle expérience de vie! On se connaît mieux chaque jour, on connaît de mieux en mieux nos limites. Mais à grosses doses de stress. Enfin, je me retrouve quand même pas à l’hôpital en état de panique, j’ai de la chance me dit Yannick d’arriver à aller à la piscine. Je vais à la piscine parce que j’en ai vraiment besoin. Étendre mon corps dans l’eau et nager sans penser. J’adore le crawl pour ça, on s’étire dans l’eau, paf, paf, paf, respire, paf, paf, paf, respire. C’est pas du tout compliqué. On arrive au bout du bassin, on repart dans l’autre sens. Petits battements de pied et paf paf paf, respire, paf paf paf, respire. Etc. Durant une demie-heure. Je me hisse ensuite du bord de la piscine. Une petite douche. Et je descends au bain tourbillon. La vache, c’est chaud. J’y vais progressivement. Je me fais masser avec les jets d’eau. Je reste 3-5 minutes pas plus. Pas vraiment une âme de homard. Petite douche, et bain froid. Ouh que ça fait du bien. Ça réveille. Et voilà, douche. Rhabillage. Sortie. Petite marche tranquille dans l’air du soir et retour à la maison. Et là c’est reparti. Je travaille, j’écris. Toute la nuit. Vers 7 heures je m’arrête, je mets la radio et j’écoute les infos. J’ai écouté des podcasts toute la nuit d’Allô la planête, une émission sur France Inter. Tous les épisodes que j’avais pas eu le temps d’écouter en mai. (On est vendredi matin). À 9h00 j’ai rendez-vous avec une prof pour laquelle je suis assistante de recherche. On fait le point. Eh oui, quand j’aurai fini ce p*** de document préalable, j’enchaîne dès lundi sur ce contrat de recherche. Pas de quartier, Aline, on aura ta peau! me disent le paquet d’entrevues que je dois finir d’analyser. Elle m’explique un peu tout ce qui reste à faire. Ça devrait aller. Après on parle de l’examen de synthèse. Elle a fait son doc à l’Ebsi, y a pas si longtemps que ça. Elle me donne des conseils. Je lui explique un peu ma méthodologie. Une conversation vraiment utile qui m’a permis d’argumenter et de placer le fil rouge de ma méthodologie que j’aurai à suivre en après-midi. La rencontre est terminée. Je ne suis pas très fraîche. Mes mouvements et mes pas sont lents dans le couloir. Tiens, de la lumière dans le labo. Mais qui est-ce donc? Oh Karima. On discute un peu. Je repars, j’ai encore du taf. Rebelote comme hier. Travail jusqu’à 18h. Piscine. Retravail jusqu’à 2 heures du mat’. Ah quel soulagement! Fatgue intense et excitation se mêle. À moi la belle vie! Je téléphone à papa. Il doit être 7h30-8h, il doit être en train de préparer le thé et le café du petit dej, en regardant le soleil du matin se répandre sur les montagnes de Névache. L’air frais du matin et le calme du chalet…J’ai TERMINÉ mon document préalable, youhou. Je vais me coucher. Oula oui va te coucher. Je voulais juste te prévenir. C’est bien, va faire dodo. Bisous, bonne journée. Toi bonne nuit. Oh que oui. Je raccroche et vais dormir. Une fin de semaine rien qu’à moi. Avec le silence et le temps qui m’appartient totalement. On est lundi matin, Robin revient cet aprem. Je suis assez reposée. Le silence et la détente, la pâte à modeler, ont eu raison de mon stress. Et toc! Non, mais. J’ai viré le stress despote en moi, viva la revolucion!
août
10
Soumis par Aline le lun, 2009/08/10 - 09:49
9 comments
Je suis très heureuse que tu aies bouclé ton document préalable. Je suis très contente que tu aies fait un gros dodo. Je suis très contente que tu nages comme un poisson dans l’eau. Je suis très heureuse de te savoir un peu plus calme…
ouai, viva la revolucion! tu vas t’ennuyer dis!bon, j’ai une question con : les mots, comment tu fais, tu les comptes? jusqu’ à 6000???? ça m’intrigue. Et ils comptent tous? genre “un”, “le”, etc… c’est un mot? et la ponctuation ça compte aussi?
Non je ne vais pas m’ennuyer, t’inquiète. pour répondre à ta question, y a des outils statistiques dans les traitements de texte qui permettent d’avoir le total des mots. Et oui ils comptent tous : y est un mot. La ponctuation n’est pas un mot, par contre…Ce serait un sacré vice que de compter les mots, doublé d’une sacrée perte de temps. Au final, j’ai quand même dépassé le quota, mais bon…au moins j’aurai essayé de le respecter!
Je dirais qu’on ne compte pas les mots, mais les espaces puis on ajoute 1. Mais bon, je suis plus mathématicien qu’écrivain, alors qu’est-ce que j’en sais :P
Alors ça, c’est pas bête du tout, c’est même génial! encore que compter les espaces doit être presque aussi ch… que de compter les mots.
Oui, j’ai pas honte de l’avouer je débute dans le blogage… Alors je viens de découvrir que les articles déposés par Liline ne comportent pas 10 lignes mais bien plus (je ne les ai pas comptées): il suffit de cliquer sur “en savoir plus”. Je progresse n’est-ce pas?
On en apprend tous les jours :)
Oui, nanie, c’est bien! Ce qu’il y a de plus rigolo, c’est que je me suis escrimé à te l’écrire et à te le faire faire quand on était à Lagny… Comme quoi…chacun sa façon d’apprendre.
Oui, ben moi aussi j’ai eu du mal. Bon, j’ai réussi au bout de 5 minutes, mias quand même, je me suis posée des questions sur ces mots de 5 lignes qui s’arrêtent brutalement à l’orée d’une idée.